1.1.13

LÂCHEZ LES FAUVES !


A la demande générale de E. B.,  je vous transmets l'URL de mon nouveau blog. Je ne pense pas que vous serez ravis, car "curiosity killed the cat". Donc voilà : http://taured.blogspot.fr 


P.S. Bonne année


27.12.12

40 000

C'est drôle, 40 000 pages vues pour ce blog mort depuis plus de six mois. C'est à dire que des gens continuent à lire les inepties que j'ai écrites il y a un an ou plus. Ça me dépasse, mais je ne sais pas vraiment comment annuler un blog. Donc pas grave. A propos j'en ai créé un nouveau. Je ne donne pas le lien car il n'a rien à voir avec les précédents et je ne sais pas bien où il va. Pour les curieux obstinés, un indice : son titre a un rapport avec un étrange personnage soit disant venu d'ailleurs découvert à l'aéroport de Tokyo en 1954. 

29.5.12

AWOLNATION

J'écris ce mot en écoutant par hasard sur ma radio préférée, Radio Off, un morceau d'un groupe nommé Awolnation — intéressante synthèse entre Beatles et rap (Dieu sait que je n'aime pas le rap pourtant). Tout ça pour dire que j'hésite entre trois différents nouveaux blogs : un consacré à la musique, évidemment, l'autre plus philosophico-politique, et un dernier sur l'élaboration de mon projet de film XIXe siècle (recherches, repérages, documents). A suivre.

8.5.12

TEMOIGNAGE (SD)

“je l'ai rencontré par hasard lorsque j'habitais seul à ecouen ( 95 ) il ya 6 ou 7 ans . Il m'avait demandé un peu de monnaie à la gare et on avait parlé. Je lui avait dit que j'étais projectioniste à Garges les Gonesse. On avait donc parlé cinema. Les memes gouts respectifs ( Lynch, Argento ... ) et il m'avait donc expliqué son parcours . J'étais passé chez lui ou il vivait depuis pas longtemps. Un grand hlm completement vide dans laquelle tronait un cesar. Il m'avait montré ses collages et m'avait expliqué qu'il n'avait plus la force de faire grand chose. Puis on s'est revu de temps en temps, je lui passait un peu de monnais. Je l'est invité a passé chez moi, lui est montré mes dessins. Je lui avait preté 2 dvds que je n'est jamais recupperer ( tideland, poltergeist ) et lui m'avait preté le manuscrit de son projet "sick" ecrit en collaboration avec romain berthomieu et eric neve.” Julien

2.3.12

STÉPHANE DROUOT (SUITE)

J'ai connu Stéphane en 1984 me semble-t-il, au Club 13 lors d'une projection du film Atomic Café, qui était suivie de celle de Star Suburb. A cette époque là on proposait encore des courts métrages en première partie des longs au cinéma. Et Star Suburb avait été couplé avec Atomic Café, un documentaire américain sur la psychose de la bombe atomique. Bonne initiative. J'ai été scotché par le film de Stéphane. Moins par le scénario, assez simple, que par le style et la réalisation du film. L'ambiance tout bêtement. C'était comme une synthèse entre Eraserhead et Star Wars (film de Lucas auquel Stéphane se référait ouvertement). A l'époque, je commençais à écrire aux Cahiers du cinéma. J'ai alors proposé aux Cahiers d'interviewer Stéphane. Ce que j'ai fait (curieusement il y a eu une autre interview de Stéphane dans les Cahiers, par Jean-Pierre Limosin). Je l'ai rencontré chez lui, rue Bernouilli dans le VIIIe arrondissement, dans l'appartement où il vivait et où il avait réalisé Star Suburb pendant trois ans. Des éléments de décor y subsistaient un peu partout. Avec lui, il y avait Sophie, sa compagne, qui avait été l'élément moteur de ce film (Stéphane étant le cerveau). Ils avaient trouvé l'alliance parfaite qui avait permis de mener l'entreprise à bien. Sophie avait, me semble-t-il les cheveux bleus coupés en brosse. Elle était aussi sympathique et chaleureuse que Stéphane. Entre nous trois, il y a tout de suite eu une connivence. Stéphane est un des rares cinéastes que j'ai rencontrés pour une interview et avec lequel j'ai réellement sympathisé. Peut-être le seul. Nous nous sommes vus à de multiples reprises, je ne me souviens plus à quelles occasions, pendant quelques années. Mais ça n'a pas duré. Environ trois ans, je dirais. A l'époque Stéphane était au sommet. Son film cumulait les prix. César, Grand prix de Clermont Ferrand, etc. Il ne lui a manqué que l'Oscar. Il avait toutes sortes de propositions : pubs, clips, et long. Il a d'ailleurs écrit plusieurs longs métrages, surtout fantastiques, qui allaient bien plus loin que Star Suburb, et qui étaient plutôt dérangeants. Mais réaliser un film fantastique/SF en France n'est pas gagné. Toujours pas aujourd'hui. En dehors de Luc Besson, qui a tourné en anglais et Marc Caro qui s'est planté avec un film trop théâtral (Dante O1), il y a eu peu d'autres candidats français. Mais Stéphane était bien plus fou qu'eux. Aussi doué techniquement que Besson, mais mille fois plus inventif et visionnaire. Il s'est aussi pas mal inspiré d'un écrivain de SF français, Serge Brussolo (passé ensuite au polar), qu'il m'a fait connaître, et dont je ne comprends pas qu'il n'ait pas été adapté au cinéma. Bref, tout cela s'est étiré en longueur. Il y a eu aussi la mort du producteur de Star Suburb, Ulysse Laugier, qui a pas mal choqué Stéphane. Et puis, Sophie a quitté Stéphane pour voler de ses propres ailes. Il faut dire que Stéphane n'était pas facile non plus. Il vivait comme un enfant gâté. Bref, il s'est retrouvé seul, avec mille projets, mais avec l'impossibilité de trouver des interlocuteurs (financiers) à sa mesure. Je ne l'ai pas perdu de vue volontairement. Ça s'est fait comme ça. Quelques années après, il m'a appelé. Il vivait toujours rue Bernouilli, dans l'appartement assez à l'abandon. Je me souviens d'une fois mémorable où j'étais allé le voir avec ma compagne et mon bébé. Le bébé dormait dans un couffin dans le couloir. Une espèce d'énergumène (un dealer ?) était venu rendre visite à Stéphane. Ils fumaient un joint. Au même moment, la mère de Stéphane, que je n'avais jamais rencontrée, une petite femme mince d'une autre époque (elle me rappelait ma grand-mère), apportait du thé sur un plateau, dans un service très vieillot. L'ambiance était surréelle. Peu de temps après, Stéphane a déménagé. Je l'ai aidé à préparer les cartons. Il s'est retrouvé à Levallois, dans un appartement encore plus grand qui appartenait à sa mère. Et Stéphane a continué sa vie, là, entre alcool, cigarettes, médicaments, et autres, écrivant des histoires, jouant du piano (il en jouait très bien). Tout s'est délité. Il a commencé une sorte de roman interminable, dans son style relativement abscons. Il s'est dégradé à vue d'œil. Il y a eu trop de complications. J'ai tenté d'aider Stéphane, mais involontairement il embrouillait les choses. Sa mère qui habitait dans un autre appartement avait été placée dans une maison de repos. A partir de là, tout me semble assez flou. Stéphane a fait divers séjours dans des HP. J'ai été le voir une fois dans un de ces hôpitaux avec les cinéastes Lucile Hadzihalilovic et Guillaume Bréaud. On voulait tous l'aider. Il lui est arrivé des choses de plus en plus incohérentes. Et j'ai à nouveau perdu le contact. Jusqu'à ce qu'il m'écrive en 2008. Il habitait alors à Ecouen. Mais sa lettre étant très bizarre, je n'ai pas eu le courage de lui répondre. J'aurais dû néanmoins. J'aurais dû… Tout ce que je viens d'écrire est assez superficiel et rapide. Il aurait fallu que j'explique plus et mieux qui était Stéphane. Disons que c'est un premier jalon pour un portrait de ce personnage qui était charmant et désarmant.

24.2.12

STÉPHANE DROUOT

Ce blog est théoriquement clos, mais… Par un extrême hasard je suis tombé sur la retransmission des Césars sur internet. Bêtement j'ai regardé cette célébration idiote. C'est là où j'ai découvert que Stéphane Drouot était mort. S'il n'avait réalisé qu'un court métrage dans les années 1980, Star Suburb (qui avait été couvert de prix), il avait un potentiel de folie et d'invention qu'il n'a pas pu transformer car l'alcool et d'autres démons se sont emparés de lui. Je me souviens de ses scénarios de science-fiction renversants (Scars et autres). Ils auraient révolutionné le genre, si… Je regrette juste de ne pas lui avoir répondu il y a quelques années quand il m'avait écrit des lettres assez bizarres. J'avais tenté de l'aider pendant deux ans, et puis j'avais été découragé. D'autres l'ont sans doute mieux aidé — dont Gaspar Noé, qui s'est pas mal inspiré de Star Suburb à ses débuts. Il l'avait d'ailleurs filmé dans Irréversible. Bye bye Stéphane.
P.S. J'ai beau chercher et chercher, je ne trouve rien sur la mort de Stéphane sur Internet. Très étrange. Je suis vraiment le seul à en avoir parlé. C'est triste.
P.P.S. Pendant que j'y pense. J'ai relu la lettre que Stéphane m'avait envoyée. Il y parlait d'un film intitulé Johanna B. Je ne sais plus si c'était une maquette de Star Suburb ou le long métrage en Super 8 dont il me semblait avoir entendu parler (j'ai une mémoire imparfaite). En tout cas, si quelqu'un sait quelque chose sur Johanna B., ça m'intéresse.
P.S. Photo de Stéphane piquée sur le blog "Le Temps détruit tout" rédigé par un fan de Gaspar Noé, ou Noé lui-même…

17.1.12

SUITE DE LA FIN

"Ojvin Mooestrap, researchers from the University of Copenhagen, Denmark, who discovered the species as quoted by New Scientist, Friday (01/13/2012), stated, “The division between animals and plants does not really exist.” Mooestrap revealed, many organisms may be a combination."

Autrement dit, c'est bien ce que je pensais : d'après le scientifique danois Ojvin Moeestrap, qui a découvert une créature hybride, mi-plante, mi-animal, "il n'y a pas réellement de séparation entre les plantes et les animaux”. Autrement dit, les végétariens l'ont dans le baba. Ils ont beau ne pas manger des veaux mignons, ils mangent toujours des êtres vivants, qui souffrent aussi à leur manière. Cela, les peuples primitifs le savaient et le savent depuis toujours. Ils ne détruisent pas la végétation à tort et à travers. C'est criminel.

6.1.12

EDUCATION

J'avais décidé d'arrêter ce blog et je le maintiens, mais j'ai eu une idée un peu nébuleuse que j'ai eu envie de noter ici pour voir si elle tenait un peu la route. Mon dada, un de mes dadas, est de dire que le mal vient de l'industrie en général (grâce à laquelle j'écris ce texte). Je me demande en fait si le mal n'est pas plus ancien, s'il ne vient pas plus simplement de l'humanité, qui s'est construite comme un château de cartes, dont la vocation inévitable est de s'effondrer. L'industrie détruit la vie, c'est un fait. C'est logique puisqu'elle se nourrit de la vie. Elle finit par l'épuiser. A force, le monde s'use. L'industrie culturelle crée des produits néfastes, qui encensent le malheur et la destruction (jeux vidéo, films de guerre, de fin du monde) ou le déplorent avec délectation (cinéma social). Des jeunes gens obnubilés par les produits de consommation électroniques au contenu néfaste sont incapables de comprendre la culture plus ou moins classique (les Grecs et tout ce qui s'ensuit) que leur dispense l'école. C'est trop éloigné de leur système industriel pavlovien et binaire. Mais en même temps, qu'est cette culture plus ou moins classique ? C'est déjà une sorte d'éloge de la destruction, une fascination pour le malheur. Le plaisir de lire L'Iliade ou Les trois mousquetaires est lié à la violence guerrière qui s'y déchaîne. Que dire des classiques du XIXe et du XXe siècle ? Passons sur Lovecraft ou Edgar Poe, théoriciens de la morbidité anglo-saxonne. Prenons Flaubert. Salammbô ou Madame Bovary : deux chefs d'œuvre de pessimisme et de désastre. Evidemment, il y a pire : par exemple, L'étranger de Camus, qui est un pur manuel de nihilisme. Je ne trouve même pas de classiques de la littérature qui ne soient pas des précis de décomposition. Idem pour ce qu'on appelle "l'histoire". Qu'est l'histoire, sinon une longue liste de guerres ? Et encore, on tourne souvent les choses à notre avantage. Car si on était honnête, on parlerait de génocide non seulement à propos des Turcs ou des Allemands et éventuellement du Rwanda, mais pour toute l'Afrique, qui est sans doute le continent le plus massacré de l'histoire. Bref, tout cela pour dire que quand on déplore l'inculture grandissante, l'asservissement des peuples bourgeois occidentaux aux produits industriels décérébrants, l'humanisme d'antan, au sens de la Renaissance, a également des parts d'ombre extrêmement gênantes. Je ne parle même pas des religions monothéistes qui à mon sens ont inventé le sado-masochisme. Cela dit, je suis également revenu de la pureté idyllique des "peuples premiers". Eux ils étaient sauvages et cruels par innocence, ce qui n'est guère mieux. Evidemment, il y a l'art pur, qui est la musique (principalement classique), le seul à échapper à cette morbidité et cette volonté d'autodestruction et à ce plaisir du malheur et de la mort. Mais dès les années 1940-50, elle a commencé à dissoner sérieusement, pour produire les sons les plus dysharmoniques possible, dont le corollaire est le stress. Idem pour les musiques industrielles populaires comme le rock qui ont une tonalité également contre-nature. Tout ceci pour dire que lorsqu'on reproche à des enfants de gâcher leur vie et leur avenir en n'acquérant pas les connaissances de base ; lorsqu'on croit indispensable de les empêcher d'être des brutes sans conscience, on leur reproche aussi, indirectement, de ne pas participer à la culture raisonnée et raisonnable du malheur, qui est une forme délicate d'autodestruction à laquelle l'industrie a apporté une contribution inespérée et massive depuis la fin du XIXe siècle. Laquelle industrie découle du scientisme du XVIIIe, de ce sacro-saint "esprit des Lumières", qui en nous sortant de l'obscurantisme, en représentant le degré le plus élevé de la conscience humaine, nous a lancé tout droit dans l'annihilation de la nature et des peuples moins "évolués". Bon, je dis tout ça mais évidemment je ne suis pas Unabomber, et je ne tire pas de conséquences drastiques et concrètes de ces constats, qui auraient besoin d'être nuancés et complétés. Je lance juste cette réflexion dans l'éther, en espérant qu'elle fasse boule de neige et génère d'autres réflexions, qui pourraient déboucher un jour sur une nouvelle éthique de l'humanité. Mais est-ce bien nécessaire ?

31.12.11

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------B---o---n---n---e -------- a---n---n---é---e-----
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et après nous le déluge

30.12.11

PUB

J'aime bien le slogan américain du Millenium (The girl with the dragon tattoo) de David Fincher :
C'est idiot, mais en fait c'est assez juste. Un feel good/bad movie.
P.S. Qu'on ne se méprenne pas, si je dis ça c'est aussi parce que je ne prends pas le film très au sérieux. Je dirais même qu'il est assez banal. Le bon thriller du moment c'est toujours La Taupe. Le reste, hum…

29.12.11

SUJETS

Des jeunes se font cerner par la police alors qu'ils tournent un film

Ça s'est passé en Suisse à Zurich. Ça ferait un excellent sujet de film dans le genre Super 8, mais en mieux. Les extraterrestres, ça commence à bien faire. A propos, Ridley Scott remet le couvert avec Prometheus, qui semble ressembler, vu de très loin (cf. bande annonce), à un remake d'Alien en mille fois plus prétentieux. On ferait mieux de s'inspirer d'un cinéaste qui fait des films fantastiques très différents de la norme hollywoodienne, mais auquel on ne pense jamais parce qu'il est classé dans le dessin animé pour enfants : Hayao Miyazaki.

28.12.11

EXOTICA

Différents pays, différentes conceptions de la bourgeoise artiste et fortunée. En France on adore les œuvres humanitaires, mais peu d'artistes en font vraiment la promotion (à part Carole Bouquet, c'est limité). Contrairement aux happy few anglo-saxons, qui aiment mieux feindre l'altruisme et la commisération que l'intelligence ou la sensibilité (cf. mon post "JOLIE"), la bourgeoisie française baigne encore dans le syndrome Bourgeois gentilhomme/Madame Verdurin. C'est à dire que des personnes d'extraction relativement simple, ou du moins qui ne sont pas des universitaires patenté[e]s, ni de grands esthètes, aiment afficher une certaine culture, voire parfois s'y vautrer. Je me doute bien sûr qu'Isabelle Huppert n'est pas d'origine ouvrière, mais son côté collectionneuse d'auteurs, comme d'autres épinglent des papillons, est assez amusant. Je ne vais pas revenir en arrière, mais je remarque qu'en ce moment elle fait feu de tout bois. Passons sur son rôle de mère d'Eva Ionesco dans le premier film autobiographique de celle-ci. Passons sur la comédie avec Poelvoorde dont le titre m'échappe, où elle joue une cultureuse à laquelle elle ressemble comme deux gouttes d'eau. Mais ne voilà-t-il pas qu'on annonce sa présence dans les prochains films du Philippin Brillante Mendoza et du Sud-Coréen Hong Sang-soo. Je ne dirais pas qu'elle risque de leur porter la poisse, mais que souvent les films hybrides, réalisés par des cinéastes orientaux, par exemple, avec des acteurs occidentaux, ne sont pas les meilleurs. Question de greffe qui prend mal, ou tout simplement de scénario adapté aux humeurs de la star — son pouvoir lui étant octroyé par le simple fait que sa présence dans le casting garantit un important complément de budget.

27.12.11

MAGGIE

Des obsèques nationales pour Thatcher divisent les Britanniques

Amusant : le débat fait rage quoique la bougresse réac ne soit pas encore morte. Meryl Streep joue son rôle dans une biopic qui sort en février, intitulée naturellement… La dame de fer. Beau navet en perspective.

26.12.11

HOPKINS

J'ai longtemps cherché une photo potable de Rick Hopkins, photographe doué mais très (trop) démonstratif, trop metteur en scène. Celle-ci me plaît assez.J'aime aussi celle-là, moins dépouillée, voire un peu lourde, mais quand même belle graphiquement.

24.12.11

AU FAIT…

…j'ai terminé L'équipée malaise de Jean Echenoz qui, comme je le subodorais, est une œuvre supérieure à Je m'en vais, son prix Goncourt.. Beaucoup plus complexe, mouvementé, sinueux. Ça ferait un film épatant (mais cher). J'apprécie particulièrement le récit du voyage en cargo. Cela dit, il manque tout de même à Echenoz ce qui fait les grands romans (pour moi), ce sont tout bêtement les sentiments. Enfin, je ne fais pas la fine bouche, cet auteur me ravit avec sa préciosité langagière et ses personnages picaresques.

22.12.11

J-10

Bientôt la fin des Mannequins. Ils vont se retirer tranquillement dans leur entrepôt où ils prendront la poussière et regarderont le rien de leur regard vide. Ha ha ha.

21.12.11

LISTES ?

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Listes des meilleurs films de l'année
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Cahiers du cinéma
1. Habemus papam de Nanni Moretti. 2. L'Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira — The tree of life de Terrence Malick. 4. Hors Satan de Bruno Dumont — Essential killing de Jerzy Skolimowski. 6. Melancholia de Lars Von Trier — Un été brûlant de Philippe Garrel. 8. Super 8 de J.J. Abrams — L'Apollonide, Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello — La Dernière Piste de Kelly Reichardt.
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Première
1. Black swan. 2. The tree of life. 3. Drive. 4. L'apollonide. 5. Tintin. 6. J'ai rencontré le diable. 7. Animal Kingdom. 8. Polisse. 9. The artist. 10. Never let me go. 11. Bon à tirer. 12. Detective Dee. 13. Les chemins de la liberté. 14. L'ordre et la morale. 15. Le stratège.
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Les Inrockuptibles
1. L'Apollonide. 2. L'Etrange affaire Angelica. 3. Comment savoir. 4. La Piel que habito. 5. La Guerre est déclarée. 6. Dernière séance. 7. Pater. 8. Super 8. 9. Essential killing. 10. Minuit à Paris.
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Que déduire de tout cela ? Que tous ces journaux et critiques se ressemblent. Qu'ils adorent tous L'Apollonide. Je me sens totalement hors concours, parce que si j'ai des meilleurs films en commun avec ces trois listes (Drive, que j'ai mis tout de même en bout de liste, Hors Satan et Essential killing), il y en a énormément que je n'ai pas vus, souvent par choix : Black swan, The tree of life (loupé, pas grave), Polisse, L'apollonide, Un été brûlant, Melancholia (je l'ai en DVD, je le regarderai), L'ordre et la morale, Habemus papam, L'étrange affaire Angelica (loupé, dommage), Comment savoir, La guerre est déclarée, Dernière séance, Minuit à Paris.
Quant à ceux que j'ai vus, il y a les nuls : Tintin, Animal kingdom, Pater ; les moyens : Super 8 (pompier), The artist (mignon), La piel que habito (un Almodovar glacial) ; le bon : La dernière piste (que j'aime moins que Wendy et Lucy de K. Reichardt). Tout compte fait, je me sens plus proche des choix des Cahiers — juste retour des choses puisque j'en viens (même s'ils ont beaucoup changé).
Bref, je m'étonne encore une fois de cette grégarité, de cette consensualité, qui risque à nouveau de croiser les choix des Césars. The artist aura un ou plusieurs Césars (et Oscars), Polisse aussi, L'ordre et la morale possible, L'apollonide aussi, vu l'unanimité critique, La guerre est déclarée c'est sûr de chez sûr, Pater ça risque également. Les autres films français des listes me semblent moins possibles.
En attendant, ci-dessus les photos de deux de mes chouchous de 2011 : Attenberg et La ballade de l'impossible.
En fait j'ai peut-être une explication toute simple à cette disjonction entre moi et le reste de la critique : le festival de Cannes. Je n'y vais quasiment jamais, pas par snobisme mais par manque de moyens. Or une partie des choix des meilleurs films sont effectués parmi les films de Cannes. Ceux qui n'y sont pas montrés ne sont pas forcément nuls, mais ils sont souvent ignorés par une critique paresseuse qui engrange des films à Cannes pour toute l'année et ne voit pas grand chose en dehors (je schématise certes). Ainsi le Tran Anh Hung et Attenberg sont presque passés inaperçus. Idem pour La solitude des nombres premiers. Bref, il serait salutaire de prendre du recul par rapport à Cannes et de moins se focaliser sur ce festival (Berlin surtout, et Venise aussi, sont par exemple beaucoup moins suivis, alors qu'ils sélectionnent une bonne partie des grands films de chaque année). Mais ce panier de crabes parisien aime tant se retrouver sur la côte d'Azur chaque année qu'il est prêt à encenser des mauvais films du moment qu'ils passent au bunker ou à la Quinzaine.
P.S. Désolé pour les galères de mise en page qui m'ont pris des heures parce que j'avais copié-collé des listes de meilleurs films (dont j'espère qu'elles sont exactes) trouvées sur un forum.

"PRINTEMPS"

De tout ce que j'ai entendu lors de ces congratulations et commémorations à l'infini à propos des "événements de l'année 2011", le plus clair pour moi c'est que l'islam risque d'être le grand gagnant de ces "printemps arabes". Non seulement il a gagné du terrain en Irak, non seulement les talibans risquent d'avoir le pouvoir tôt ou tard en Afghanistan (voire au Pakistan), mais la Tunisie est passée à l'islam et l'Egypte le risque aussi, une fois que ses troubles se seront calmés. Dans ce pays, c'est sûrement le parti le plus structuré et le moins corrompu, les populistes et populaires Frères musulmans, qui vont l'emporter dès qu'il y aura des élections. Alors les printemps arabes…

20.12.11

JOLIE

----------------- ---------------------------------------------------------Photo Greg Ponchak-------
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Pour paraphraser le brave Jacques Attali à propos de l'euro : il y a plus d'une chance sur deux pour que ce blog n'existe plus à Noël. A part ça, je découvre qu'Angelina Jolie nous a pondu un beau pensum intitulé In the land of blood and honey, où elle met en scène les amours tragiques d'un militaire serbe et d'une artiste bosniaque pendant la guerre de Bosnie. D'après les critiques américains, le film a été tourné en serbo-croate, mais on ne trouve qu'une version doublée en anglais de la bande annonce, qui renforce le ridicule du film à cause des accents grotesques des comédiens. Horripilant toutes ces femmes riches et célèbres qui jouent les dames patronnesses. Dans le fond je n'ai rien contre. Ce qui me hérisse c'est qu'on exhibe son altruisme et sa commisération. Comme quand Audrey Hepburn se faisait photographier avec des rachitiques enfants africains dans ses bras. On imagine la comédie : mander des photographes, prendre un enfant, prendre la pose. Société du spectacle quand tu nous tiens. Alors, qu'Angelina Jolie, qui est a priori une richarde vivant dans le luxe et au soleil, se mette à donner des leçons de politique a posteriori sur une guerre aussi complexe que celles de l'ex-Yougoslavie, me semble assez problématique. A ce propos, cet après-midi, regardant un film cumulard (thriller politico-social dénonçant d'hypothétiques magouilles gouvernementales avec des marchands d'armes) je me suis pris à rêver au monde d'avant le parlant, où le cinéma n'était pas constamment sommé de servir de caisse de résonance à l'actualité, où c'était un art à part entière. Avec le parlant, tout s'est trivialisé. Le pire désastre fut sans doute le néo-réalisme, né bien avant les années 1940 aux Etats Unis et en Allemagne. Grâce à lui, le cinéma a toujours cru bon de réagir aux événements du monde, alors que la (bonne) peinture a très peu participé à la politique. Quelques contre-exemples : Guernica de Picasso et les tableaux de Goya sur l'invasion napoléonienne. Quant à la musique classique, c'est encore mieux. Remarquez : je ne sais pas s'il y a tant de bons romans qui soient également des commentaires directs d'une quelconque actualité (évidemment on va m'en citer des tombereaux).
P.S. Ceci dit, je retourne à L'équipée malaise de Jean Echenoz, que j'ai eu la faiblesse de m'acheter en occasion.