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21.12.11

LISTES ?

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Listes des meilleurs films de l'année
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Cahiers du cinéma
1. Habemus papam de Nanni Moretti. 2. L'Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira — The tree of life de Terrence Malick. 4. Hors Satan de Bruno Dumont — Essential killing de Jerzy Skolimowski. 6. Melancholia de Lars Von Trier — Un été brûlant de Philippe Garrel. 8. Super 8 de J.J. Abrams — L'Apollonide, Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello — La Dernière Piste de Kelly Reichardt.
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Première
1. Black swan. 2. The tree of life. 3. Drive. 4. L'apollonide. 5. Tintin. 6. J'ai rencontré le diable. 7. Animal Kingdom. 8. Polisse. 9. The artist. 10. Never let me go. 11. Bon à tirer. 12. Detective Dee. 13. Les chemins de la liberté. 14. L'ordre et la morale. 15. Le stratège.
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Les Inrockuptibles
1. L'Apollonide. 2. L'Etrange affaire Angelica. 3. Comment savoir. 4. La Piel que habito. 5. La Guerre est déclarée. 6. Dernière séance. 7. Pater. 8. Super 8. 9. Essential killing. 10. Minuit à Paris.
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Que déduire de tout cela ? Que tous ces journaux et critiques se ressemblent. Qu'ils adorent tous L'Apollonide. Je me sens totalement hors concours, parce que si j'ai des meilleurs films en commun avec ces trois listes (Drive, que j'ai mis tout de même en bout de liste, Hors Satan et Essential killing), il y en a énormément que je n'ai pas vus, souvent par choix : Black swan, The tree of life (loupé, pas grave), Polisse, L'apollonide, Un été brûlant, Melancholia (je l'ai en DVD, je le regarderai), L'ordre et la morale, Habemus papam, L'étrange affaire Angelica (loupé, dommage), Comment savoir, La guerre est déclarée, Dernière séance, Minuit à Paris.
Quant à ceux que j'ai vus, il y a les nuls : Tintin, Animal kingdom, Pater ; les moyens : Super 8 (pompier), The artist (mignon), La piel que habito (un Almodovar glacial) ; le bon : La dernière piste (que j'aime moins que Wendy et Lucy de K. Reichardt). Tout compte fait, je me sens plus proche des choix des Cahiers — juste retour des choses puisque j'en viens (même s'ils ont beaucoup changé).
Bref, je m'étonne encore une fois de cette grégarité, de cette consensualité, qui risque à nouveau de croiser les choix des Césars. The artist aura un ou plusieurs Césars (et Oscars), Polisse aussi, L'ordre et la morale possible, L'apollonide aussi, vu l'unanimité critique, La guerre est déclarée c'est sûr de chez sûr, Pater ça risque également. Les autres films français des listes me semblent moins possibles.
En attendant, ci-dessus les photos de deux de mes chouchous de 2011 : Attenberg et La ballade de l'impossible.
En fait j'ai peut-être une explication toute simple à cette disjonction entre moi et le reste de la critique : le festival de Cannes. Je n'y vais quasiment jamais, pas par snobisme mais par manque de moyens. Or une partie des choix des meilleurs films sont effectués parmi les films de Cannes. Ceux qui n'y sont pas montrés ne sont pas forcément nuls, mais ils sont souvent ignorés par une critique paresseuse qui engrange des films à Cannes pour toute l'année et ne voit pas grand chose en dehors (je schématise certes). Ainsi le Tran Anh Hung et Attenberg sont presque passés inaperçus. Idem pour La solitude des nombres premiers. Bref, il serait salutaire de prendre du recul par rapport à Cannes et de moins se focaliser sur ce festival (Berlin surtout, et Venise aussi, sont par exemple beaucoup moins suivis, alors qu'ils sélectionnent une bonne partie des grands films de chaque année). Mais ce panier de crabes parisien aime tant se retrouver sur la côte d'Azur chaque année qu'il est prêt à encenser des mauvais films du moment qu'ils passent au bunker ou à la Quinzaine.
P.S. Désolé pour les galères de mise en page qui m'ont pris des heures parce que j'avais copié-collé des listes de meilleurs films (dont j'espère qu'elles sont exactes) trouvées sur un forum.

4.12.11

TOP 14 2011

-----------------------------------------------------------------photo de Jan Kempenaers----------------------
And the winners are :-----------------------------------------
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- Attenberg, de Athina Rachel Tsangari — à mon sens la plus belle application de l'art brut au cinéma, y compris pour ces séquences de danse impromptues et pas forcément indispensables. Le cinéma grec s'élève en même temps que la débâcle financière gagne le pays. Même phénomène qu'en Argentine il y a une dizaine d'années. Pour résumer : liberté intense de mise en scène et de jeu des comédiens. Une dramaturgie extrêmement souple, qui fait la part belle au vide, au non-dit et à la désinvolture.

- La Solitude des nombres premiers, de Saverio Costanzo — après Amer, une deuxième géniale transposition du giallo. Non seulement par la musique (dont un morceau a été emprunté à Argento), mais par le sens baroque de la couleur (à laquelle le sang participe), le jeu avec les flashes-backs, les époques, mais aussi l'époque décrite (des 70's aux 80's). Sans doute la meilleure et la plus belle aventure kitsch de l'année. Un kitsch qui fait mal.

- Exit, una storia personale, de Massimiliano Amato — un autre film transalpin, celui-là complètement fauché, sorti en catimini et oublié, qui est un fulgurant jeu avec la folie, sur la folie. Les chassés croisés et poursuites de deux frères. L'un, rangé, l'autre schizophrène ou psychotique. Personnage (et physique) purement pasolinien pour un récit également déconstruit comme une fuite exténuée au bout du paysage.

- La Ballade de l’impossible, de Tran Anh Hung — encore une histoire de folie (décidément !), mais aussi d'amour fou. Encore un chassé-croisé tragique. Une adaptation rêvée du livre culte de Murakami que je n'ai pas lu, par un Français d'origine vietnamienne, qui signe le plus beau film japonais de l'année, et qui par la même occasion remonte en flèche dans mon estime (je n'avais vu que Cyclo de lui). L'intrication des deux registres liée aux deux personnages féminins diamétralement opposés que fréquente le héros s'allie idéalement avec le climat politique troublé (les années 1960 au Japon) plus une certaine dimension pop.

- Agua fria, de Paz Fabrega — adoré le climat entre rêve et cauchemar tropical, le côté crépusculaire et naturel de cette simple histoire d'enfant qui somatise et se perd au bord de la mer. Une leçon de nature.

- Hors Satan, de Bruno Dumont — une autre leçon de nature, mais plus sophistiquée, et un cinéaste qui remonte aussi en flèche dans mon estime. Je ne me complique pas la vie, je réagis spontanément. Les atouts du film sont naturellement le décor naturel, formidablement exploité (exemple : la scène de traversée d'un plan d'eau inspirée par Tarkovski), les personnages aussi troubles que touchants. Même la dimension religieuse reste assez vague et limite panthéiste pour me toucher. Les ricaneurs qui comparent à Dreyer ont tout faux. Ce film est candide, sans calcul. Un plaidoyer pour la croyance et pour la magie ordinaire.

- Augustine, de Jean-Claude Monod et de Jean-Christophe Valtat — un moyen métrage inédit sur les expériences de Charcot sur l'hystérie à la Salpêtrière, notamment avec une nommée Augustine, qui devint son cobaye favori. Magnifique travail, à la foi sobre et fiévreux, dans un très beau noir et blanc. Ça vous réconcilie avec les films en costume.

- Dharma guns, de F. J. Ossang — je ne suis pas fan à 100% des élucubrations d'Ossang, mais même si ce film se réduisait à sa séquence d'ouverture, avec Elvire au volant d'un hors-bord tractant Guy McKnight, d'une splendeur sans nom, cela suffirait à le placer au-dessus de toute la production française. Pour moi cette scène est un hors d'œuvre corroboré par une esthétique d'une cohérence et d'une singularité impeccable comme un instantané surréaliste inédit. J'adore ce film comme objet.

- Entre chien et loup, de Jeon Soo-il — road movie, dérive existentielle ou existentialiste, non-dit à tous les étages, indécision amoureuse ou plutôt flou amoureux. Cela ressemble dans ses très grandes lignes à certains récents Hong Sangsoo — un cinéaste qui part à la dérive et se raccroche à une femme —, mais Jeon Soo-il ne choisit pas les mêmes solutions esthétiques que son compatriote. Il a un souci plus écologique, au sens propre : étude du personnage dans son milieu. Il ne filme pas des événements ou des situations mais des pans de paysage dans lesquels il insère ses personnages. Un peu comme Dumont, mais avec moins d'intention. Cet attentisme du regard fait toute la beauté de ce monde là.

- Essential killing, de Jerzy Skolimowski — une expérience hors-norme due à un vétéran du cinéma polonais qui remet tout en question sans le moindre scrupule. Il bat les cartes de son cinéma et les redistribue d'une manière tout à fait différente. Ici en accentuant la fuite, le mouvement, la bestialité d'un homme traqué. Un personnage unique que ne pouvait incarner qu'une tête brûlée comme Vincent Gallo. Ce rôle lui va à ravir.

- Drive, de Nicolas Winding Refn — un film plus traditionnel, disons hollywoodien pour simplifier, qui est le seul film américain que je retiens cette année. Sans doute parce qu'il n'est pas tout à fait américain, car réalisé par un Danois (je sais bien que ça ne veut rien dire). Ce cinéaste que je n'ai pas toujours adoré met un peu de froideur et de couleur dans la nuit, apaise la noirceur de ce film parfaitement noir grâce à une sorte de recul élégant et contemplatif. Ainsi il transcende le cliché du loser pris dans un engrenage infernal. Pour résumer, le côté fluide et planant de Drive fait toute la différence.

- Arriety, de Hiromasa Yonebayashi — faute de Miyazaki on mange des grives, ou plutôt on se rabat sur un de ses lieutenants qui trousse une curieuse fable d'amour impossible entre un garçon et une fillette microscopique. Ce jeu des tailles et des échelles appliqué au dessin animé ligne claire façon Ghibli rend l'exercice délectable et troublant.

- Carancho, de Pablo Trapero — thriller social, genre que l'Argentin Trapero est quasiment le seul à maîtriser aujourd'hui. C'est à la fois un film d'action, un polar, et une histoire d'infirmière, d'avocat, d'hôpital, de milieu modeste. Avec sans doute la plus étonnante scène de fusillade urbaine de ces dernières années. Un modèle de ce que devrait, pourrait-être un thriller nord-américain.

- La Mujer sin piano, de Javier Rebollo — splendide histoire de dérive nocturne, qui ne cherche pas à convaincre, démontrer, raconter, mais simplement à rêver. Ce film est un rêve, un chouïa kafkaïen comme les rêves, régi par l'illogisme et le coq à l'âne. J'ai particulièrement apprécié la manière dont le film suivait des personnages très secondaires quelques secondes ou minutes avant de revenir à l'héroïne, qui quitte brusquement son domicile au milieu de la nuit.

Il y a évidemment énormément de films que je n'ai pas vus. Le plus souvent par choix. Il y en a d'autres que j'aurais bien voulu voir par curiosité, mais je ne l'ai pas fait. Et puis il y a ceux que j'ai vus (beaucoup de films américains) qui ne m'ont pas assez marqué pour que je les inclue dans ma liste. La dernière fois que j'ai publié une liste, on m'a traité de snob parce que j'ai cité des films peu connus. Il faudrait plutôt se demander pourquoi certains films ont du succès et d'autres passent inaperçus. Ce qui fait que tout le monde se précipite sur certains films ne me touche pas forcément. Exemple : le côté pseudo ET du monstre de Super 8 de Abrams ; le côté Amélie Poulain de Hugo Cabret, etc. De toute façon je n'ai pas à me justifier, mais le fait est qu'on vit une époque où la différence est mal perçue. Cela je pense en raison de la concentration des médias et de la publicité qui ont tendance à unifier les pensées et les comportements. Mais cela a des bons côtés aussi…

21.8.11

TOP 50

Un peu de distraction pour les longues soirées d'été, mon top 50 des années 2000 (je viens de retrouver ça en cherchant autre chose et en écoutant Hope Sandoval — dont la voix n'a pas changé, dix/quinze ans après Mazzy Star). Ordre alphabétique :
  • All about Lily Chou-Chou – Shunji Iwai (inédit)
  • Avant que j’oublie – Jacques Nolot
  • Contrôle d’identité – Christian Petzold
  • Cremaster Cycle – Matthew Barney
  • Dans la ville de Sylvia – Jose-Luis Guerin
  • Du soleil pour les gueux – Alain Guiraudie
  • Gambling, gods and LSD – Peter Mettler
  • Gerry – Gus Van Sant
  • Inland Empire – David Lynch
  • Institut Benjamenta – Steven et Timothy Quay
  • Intervention divine – Elia Suleiman
  • Japon – Carlos Reygadas
  • Kairo – Kiyoshi Kurosawa
  • L’Accordeur de tremblements de terre – Steven et Timothy Quay
  • L’Homme qui marche – Aurélia Georges
  • La Libertad – Lisandro Alonso
  • La Mort de Dante Lazarescu – Cristi Puiu
  • La Peau trouée – Julien Samani
  • La Vierge mise à nu par ses prétendants – Hong Sang Soo
  • Le Jour où le cochon est tombé dans le puits – Hong Sang Soo
  • Le Soleil – Alexandre Sokourov
  • Les Harmonies Werckmeister – Béla Tarr
  • Les Hommes – Ariane Michel
  • Lettre à la prison – Marc Scialom
  • Life without death – Frank Cole
  • Loft – Kiyoshi Kurosawa
  • Magic – Eric Khoo
  • Man on the moon – Milos Forman
  • Millenium Mambo – Hou Hsiao Hsien
  • Montag – Ulrich Köhler
  • Mullholland Drive – David Lynch
  • Panique au village – Vincent Patar et Stéphane Aubier
  • Phénomènes – M. Night Shyamalan
  • Ponyo sur la falaise – Hayao Miyazaki
  • Princesse Mononoké – Hayao Miyazaki
  • Séance – Kiyoshi Kurosawa
  • Syndromes and a century – Apitchapong Weerasethakul
  • The Brown Bunny – Vincent Gallo
  • The Pleasure of being robbed – Joshua Safdie
  • The Taste of tea – Katsuhito Ishii
  • The World – Jia Zhang Ke
  • Tokyo sonata – Kiyoshi Kurosawa
  • Triple agent – Eric Rohmer
  • Un lac – Philippe Grandrieux
  • Violent days – Lucile Chaufour
  • Wassup rockers – Larry Clark
  • Whisky – Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll
  • Winnipeg mon amour – Guy Maddin
  • Woman on the beach – Hong Sang Soo
  • Yi Yi – Edward Yang

4.12.10

TOP 17 — 2010

Voici mes dix-sept films préférés de l'année (dans le désordre). J'y reviendrai dans peu de temps :
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Adieu Falkenberg de Jesper Ganslandt

Policier adjectif de Corneliu Porumboiu

Amer de Bruno Forzani et Hélène Cattet

The rebirth de Masahiro Kobayashi

La pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel

La bocca del lupo de Pietro Marcello

Lola de Brillante Mendoza

Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio

Le plein pays d’Antoine Boutet

Oncle Boonmee de Apichatpong Weerasethakul

Chouga de Darejan Omirbaev

Le dernier été de la Boyita de Julia Solomonoff

Lenny and the kids de Joshua Safdie

Splice de Vincenzo Natali

Crime de Vincent Ostria

Cabeza de vaca de Nicholas Echevarria (ajout tardif)

Below sea level de Gianfranco Rosi — uniquement vu en festival et à la télé