
Vu une avant-projection des Chants de Mandrin, le quatrième film de Rabah Ameur-Zaïmeche, cinéaste toujours surprenant. Ici il traite divers thèmes politiques très actuels à travers la folle équipée des compagnons de Mandrin, contrebandier et rebelle du XVIIIe siècle. On pense à tous les révoltés du XXe et du XXIe siècle – y compris les plus récents. D'ailleurs le film narre une épopée assez semblable à celle de Che Guevara en Bolivie. Le genre de film d'époque comme je les aime, c'est à dire qui privilégient la partie sur le tout, la vision parcellaire par rapport à la fresque. Une chronique simple et directe où le cinéaste a inséré une foule de discrets anachronismes (dont des textes de Rimbaud et Lautréamont) pour finir en beauté avec la chanson de l'étonnant duo Allen Ginsberg/The Clash… Cette manière de faire de l'histoire change des banalités habituelles. A suivre.
P.S. En prime Jacques Nolot, qui joue un piquant marquis pré-révolutionnaire, et le philosophe Jean-Luc Nancy, son imprimeur.





