14.10.11

APPLI BÉLA

Béla Tarr m'a légèrement déçu avec son Cheval de Turin, qui n'est pas une caricature de son œuvre mais une sorte de synthèse très (trop) dépouillée. Comme un art poétique a posteriori. Ou bien, pour être plus contemporain, la version "appli" de son cinéma, c'est à dire un film réduit à une icône, au sens informatique. Le cheval de Turin est l'icône du cinéma de Béla Tarr, c'est à dire qu'il est réduit à son image ; ce film tient tout entier dans l'image. On devrait pouvoir en faire sans trop de problème le logo. Bref, ça n'est que beau. Le film commence un peu à décoller (vers l'étrange) avec ses fausses fins, ses bizarreries terminales qui l'emmènent vers la métaphysique. Mais je n'ai pas ressenti le frisson habituel. Quelque chose m'a manqué. Une épure trop pure.

12.10.11

PUBLICITÉ

A quoi sert la publicité exactement ? Pour ma part j'y suis totalement insensible. Déjà je ne regarde plus la télé. Mais même lorsque je l'avais je zappais systématiquement à chaque fois qu'elle passait. Je croise bien sûr des pubs dans les transports en commun, les journaux et sur Internet, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir acheté une marque après l'avoir vue dans une pub. On va certainement me prétendre que la pub agit insidieusement sur l'inconscient. Sans doute, mais encore faudrait-il me prouver que j'ai vu des produits que j'achète dans une pub avant de les acheter. Je ne pense pas que cela ait un gros impact (quasiment nul à mon sens). Dans les journaux par exemple, il y a souvent des pubs pour l'alcool et pour le parfum. Or je n'en consomme pas. Etc. Bref, la pub ne sert à rien, il faut la détruire. Ce n'est qu'un exemple des choses inutiles qui encombrent notre existence industrielle.

TINTIN POUR TINTIN

Je sors juste d'une gnomerie sans nom, le Tintin supervisé par Spielberg (réalisé c'est un bien grand mot). Je ne m'attendais pas à une telle bouillie. Non seulement c'est de la 3D en 3D (relief + animation numérique réaliste) — effet tautologique et torture oculaire —, mais ils ont mélangé n'importe comment trois albums de Tintin et rajouté des séquences d'action à gogo (comme s'il n'y en avait pas assez). On (ça) frôle l'apoplexie. Dans le dossier de presse, une perle : "Pour réaliser Les aventures de Tintin - le secret de la licorne, le mot d'ordre initial a toujours été la fidélité”. Le mot d'ordre de qui ? De Spielberg ? En tout cas si le mot d'ordre de Spielberg à son épouse est la fidélité et qu'elle se comporte comme son équipe, il a du souci à se faire.
S.S. n'a rien compris au charme de Tintin. Il a loupé un des plus beaux détails/indices/jeu-de-mots du Secret de la licorne, d'une élégance rare. Voir ci-dessous :

11.10.11

DOPE

S'il y a une crise, c'est parce que les traders se droguent

(Slate.fr)

7.10.11

PAT

Suis en train de lire le livre d'un ami, Patrice Lelorain. Intitulé Revenants (Ed. La Table Ronde), il évoque en gros sa vie (dissolue) dans les années 1970, puis 1980 où je l'ai connu — et sans doute après. Curieuse impression d'un destin parallèle, si proche et en même temps si éloigné du mien. Nous avons vécu en gros le même genre de vie, connu le même genre de gens (parfois les mêmes tout court), eu également une enfance banlieusarde, flirté avec les groupes de rock, la boisson, la nuit, etc. Pourtant rien n'est pareil. A propos, pour ceux que ça intéresse, dans le temps (il y a deux ans), j'avais commencé très modestement un autre blog où je racontais une période de ma vie (à New York). Je l'ai arrêté, car je ne me sentais pas la fibre littéraire. C'est à dire que je n'ai pas envie de faire du style, d'exprimer des choses banales ou indéfinissables d'une façon élégante. Fuck Proust. Ça ne m'intéresse pas. Mais peut-être y reviendrai-je un jour. L'adresse c'est : http://www.ny80.blogspot.com/ Il faut aller au début du blog et remonter jusqu'à la page la plus récente.
Je reviendrai sur Revenants dès que je l'aurai terminé.

3.10.11

PÉDALER

Pourquoi les politiques sont-ils tous des fétichistes industriels?

Titre d'un très intéressant article d'un certain Alexandre Delaigue (économiste) dans Libération. Voilà qui apporte de l'eau à mon moulin. La classe politique n'a que des vues à court terme : il faut faire marcher la machine sinon tout se casse la gueule ; si on arrête de pédaler, on tombe. Or c'est justement ce qu'il faut faire : arrêter de pédaler et réfléchir comment on peut vivre autrement, sans foncer dans le brouillard à marche forcée. Comme le remarque Delaigue "la productivité augmente dans l'industrie plus vite que la demande". Je l'ai toujours dit, on est dans la surproductivité absurde et permanente. Il suffit d'aller faire un tour dans un hypermarché pour comprendre. Tout ce gâchis n'a qu'un but : entretenir une machine économique folle qui n'arrive pas à sortir de l'engrenage du profit (et de la spéculation). Profitez moins et répartissez mieux les profits, après ça ira mieux. Personne n'est capable d'envisager ça. Tant qu'elle ne (se) posera pas la question la classe politique n'aura aucune crédibilité. Elle sera toujours suspecte d'être un simple agent de l'industrie et de l'économie.