4.12.10

TOP 17 — 2010

Voici mes dix-sept films préférés de l'année (dans le désordre). J'y reviendrai dans peu de temps :
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Adieu Falkenberg de Jesper Ganslandt

Policier adjectif de Corneliu Porumboiu

Amer de Bruno Forzani et Hélène Cattet

The rebirth de Masahiro Kobayashi

La pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel

La bocca del lupo de Pietro Marcello

Lola de Brillante Mendoza

Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio

Le plein pays d’Antoine Boutet

Oncle Boonmee de Apichatpong Weerasethakul

Chouga de Darejan Omirbaev

Le dernier été de la Boyita de Julia Solomonoff

Lenny and the kids de Joshua Safdie

Splice de Vincenzo Natali

Crime de Vincent Ostria

Cabeza de vaca de Nicholas Echevarria (ajout tardif)

Below sea level de Gianfranco Rosi — uniquement vu en festival et à la télé

3.12.10

E. B.

Quelques expériences filmées d'Erwin Blumenfeld (CLIC), un des plus grands photographes de mode — avec Avedon, Bourdin, Newton. Il y en a plusieurs de lui dans le genre (sur la même page de Youtube). Je crois que ce que j'aime le plus chez lui c'est l'utilisation de la couleur. Une couleur qui, comme dans ses photos, semble mate et épaisse comme de la poudre. On en mangerait. Tout le contraire de la vidéo actuelle…

CENSURE (2)

Le vent n'a pas tardé à souffler. Je voulais citer (dans une publication) mon propre film Crime parmi les dix que j'ai préférés cette année. On a refusé sous prétexte qu'on n'aurait pas le droit de faire la promotion de son œuvre quand on est journaliste. Ah bon, c'est une règle élémentaire que je ne connaissais pas et dont je ne savais pas que tout le monde l'appliquait rigoureusement. Pourquoi ne peut-on pas faire la promotion de son œuvre quand il n'y a AUCUN profit à la clé ? Ce film ne m'a rien rapporté et ne me rapportera jamais rien. Je sais que ça fait narcissique et mégalo, mais en même temps je trouve ça plutôt honnête. Je me souviens que jadis Louis Skorecki avait cité son court (ou moyen) métrage L'escalier de la haine parmi ses meilleurs films de l'année dans Les Cahiers du cinéma. Il n'y avait pas eu de scandale et j'avais trouvé ça plutôt classe. Mais c'était une autre époque…
P.S. Demain je poste ma (vraie) liste exhaustive des films que j'ai aimés en 2010

FAIM, MOI JAMAIS

Une chose incroyable : il y aurait des gens qui ne mangent jamais. Certains boiraient seulement, d'autres même pas. On a parlé il y a quelques mois dans la presse du cas du sâdhu Prahlad Jani (Mataji), un yogi indien âgé de plus de 80 ans, qui aurait cessé toute forme d'alimentation depuis 70 ans environ. Or il il y en aurait d'autres dans ce cas, y compris en Occident. Ces personnes se nourriraient seulement de lumière… Difficile à croire évidemment, mais plusieurs documentaires ont déjà été consacrés au sujet. Je ne conclus rien, mais le simple fait qu'on en parle en ce moment me semble étrange. Ça dépasse l'entendement, mais cette idée, ce concept, appelé soit “respirianisme", soit "inédie", fait son chemin actuellement. Si c'était vrai, ce serait (triste et) révolutionnaire, voire cataclysmique ; dans ce cas cela ne serait pas restreint à quelques allumés new age et à quelques documentaires confidentiels ; je ne vois pas non plus pourquoi cela n'aurait pas été connu depuis la nuit des temps puisque cela ne provient d'aucun progrès scientifique ou technique. Là se trouve le bug…

CENSURE (1)

Quand on écrit dans la presse (comme moi), on est victime de toutes sortes de censures. La première étant liée à l'air du temps, au politiquement correct, à une certaine pensée unique (si). Mais il y a plusieurs pensées uniques (si).
Il faut hurler avec les loups, c'est à dire aimer ce que vos congénères aiment et brûler ce qu'ils détestent. On a le droit d'avoir une pensée individuelle mais de façon très restreinte. Il ne faut pas être trop en avance et ne pas faire des volte-face trop rapides. Dans le temps j'étais comme ça par timidité. Je me taisais. Aujourd'hui j'ai changé, mais je suis tout de même contraint à modérer mes avis négatifs, car autrement je serai taxé de misanthrope, de bégueule, etc. Je n'attaque pas non plus trop frontalement dans le cadre de mon travail (pas sur ce blog) ce que les autres encensent à tour de bras : les films à Oscar et à César…
Les gens sont faibles parce qu'ils sont sociables. Leur jugement est obscurci par leurs relations et leurs connivences. Moi, d'une certaine manière je suis incorruptible. Je n'aime pas ce qui est à la mode et je n'encense pas forcément les œuvres des gens que je peux connaître.
L'ennui c'est que lorsqu'on ne suit pas la pensée dominante, on est taxé de négatif. J'aime des millions de choses, mais qui ne sont pas forcément les parfums au goût du jour.
Pensée unique = branché. Tout ce qui est branché est sacré. Exemple célèbre : le délire ridicule des Cahiers du cinéma sur Loft Story, émission de téléréalité (qu'ils avaient classée parmi les meilleurs films de l'année !). Ils se sont calmés depuis sur ce plan. Ere de la confusion où ce qui est bon n'est plus ce qui est esthétique (= l'art), mais ce qui est renommé (trash, fun, kitsch). Bon, j'y reviendrai car je sens un léger vent de censure se lever sur ma personne, dont je parlerai ultérieurement.

1.12.10

DE MAX À KAROLINE


Parti d'Allemagne dans les années 1920, le cinéma de vampire y retourne avec Nous sommes la nuit, qui surfe sur la vague Twilight. Pas de quoi réveiller Murnau ni Max Schreck. Il faut bien que jeunesse se passe. Discothèques, luxe, voitures nouveau riche, etc. On ne fait que délayer dans le même sens chic et choc depuis The Hunger de Tony Scott, puis Dracula de Coppola, puis Entretien avec un vampire de Neil Jordan, puis Twilight et la série télé True Blood (Buffy à la rigueur était à part car ça rappelait
beaucoup le côté cheap et la gestuelle du kung-fu). Je ne cite pas Morse, tentative louable de dépoussiérer le sujet dans un style Ikéa. Mais on attend une approche plus fruste et modeste — lo fi —, qui n'arrive toujours pas. Je suis sans doute le réalisateur (pas cher) qu'il faudrait dans cet esprit (Dracula de Maddin est hors-sujet car c'était d'abord un ballet), mais à condition que j'aie le script et le budget. J'y pense j'y pense.

J'AVAIS ENVIE DE…

Ayant vu une fiction relativement amusante sur un groupe de percussionnistes suédois mettant le souk dans la ville de Malmö (The sound of noise) et ceux ci ayant cité leurs batteurs favoris dans le dossier de presse, j'avais envie de rappeler (si je ne l'ai pas déjà fait, ce qui est possible) que pour moi le meilleur batteur toutes catégories était Jaki Liebezeit du (défunt) groupe allemand Can (exemple : CLIC). Il approche l'excellence absolue…
J'avais aussi envie de dire que S. Louis était un génial documentariste à suivre absolument, au vu de son court bluffant Nourrir l'animal (sur une usine de recyclage de papier). Mais j'ai été un peu découragé par ses fictions trop plates (surtout Petit matin). Cela signifie peut-être tout simplement, a contrario, qu'il est surtout fait pour le documentaire.