29.9.10

CRIME A GENÈVE 2

Extrêmement content et très honoré de voir que mon film Crime, programmé au cinéma Spoutnik de Genève du 13 au 24 octobre (CLIC) prend la relève immédiate, dans la même salle, de deux de mes films préférés de l'année : Amer, de Bruno Forzani et Hélène Cattet, et Adieu Falkenberg, de Jesper Ganslandt. Je me sens en bonne compagnie.
Extremely pleased and honored to see my film Crime scheduled at the cinema Sputnik in Geneva, from October 13th till 24th (CLICK), immediately after two of my favorite movies of the year, Bruno Forzani and Helene Cattet's Amer, and Jesper Ganslandt's Farewell Falkenberg. I feel in very good company.
'

27.9.10

IL PARAÎT QUE JE ME PLAINS TROP…

…et que je suis plein de fiel, me dit une lectrice nunuche. Désolé, je ne vais dire que du bien désormais et prier Jésus (de me pardonner)…
I am full of bitterness, according to a sensitive reader. Sorry, I will only tell good things now and pray Jesus (to forgive me) ...

25.9.10

LUC MOULLET, NOUVEAU PAPE DE LA JEUNESSE FRÉTILLANTE

Luc Moullet est partout. Il est en tout cas le point commun de deux films français vus simultanément jeudi dernier. Le comique barbu n'apparaissait pas dans le premier, l'intolérable Memory Lane de Mikhaël Hers, mais il était cité dans le dossier de presse. Il parle à propos des films du Hers en question de “petite musique d'un cinéma où rien ne se passe, comme dans ma vie, comme dans la vôtre.” Parle pour toi Moullette. La vie des jeunes larves sans problèmes de Meudon/Saint-Cloud décrite dans Memory Lane est une vie lymphatique qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Pas une seconde de mon existence ne ressemble à cet encéphalogramme plat mis sur pellicule. Quant à l'autre, Les nuits de Sister Welsh, de Jean-Claude Janer, déjà responsable d'une kitscherie plaisante intitulée Superlove, ce n'est pas aussi gnangnan chicos, mais bon. Le Moullet y fait une panouille dans une scène fantasmée où la mère de la jeune héroïne est une bonne sœur éplorée, tout droit sortie d'un roman gothique anglais. Il joue une sorte de professeur en tricorne. Tout ceci pour dire que le cinéma français continue son rêve d'autarcie morale, moraliste, esthétique, dépassée, compassée, et se cherche les parrains qu'elle peut parmi les vieux survivants. Pour ma part, si j'ai apprécié certains des courts de Moullet, je n'en dirai pas autant de ses longs, parfois épuisants d'approximation. Une certaine liberté drolatique suffit-elle à ces jeunes cinéastes, eux-mêmes assez mollassons et incertains de leur vocation artistique ?
Luc Moullet is everywhere. In any case, he is the common point of two French films seen simultaneously last Thursday. The bearded comic did not appear in the first, Mikhael Hers' intolerable Memory Lane, but Moullet was quoted in the press kit. He tells that in Hers' works there's a "little music of a cinema where nothing happens, as in my life, as in yours." Speak for yourself, Moullet. The lives of young larvae without real problems from the posh Meudon / Saint-Cloud area described in Memory Lane is a life I would not wish to my worst enemy. Not a second of my life can be compared to this flat encephalogram put on film. The other film, Jean-Claude Janer's Nights of Sister Welsh (director already responsible for the pleasantly kitsch Superlove), it is not as namby-pamby, but nothing to scream about. Luc Moullet makes a cameo in a fantasy scene where the mother of the main character is transported in a mock English Gothic drama. Moullet plays a XIXth century professor standing at the edge of a cliff. All this means that French cinema pursues his moral, aesthete, outdated, stuffy dreams and seeks sponsors among the old beards. For my part, I enjoyed some Moullet shorts, but I will not say the same of his feature films, exuding excruciating approximations. Are these bits of quirky freedom enough for these young softie filmmakers uncertain of their artistic vocation ?

23.9.10

DOCUMENTAIRE OU FICTION

Je me suis essayé à appliquer le principe de réalité et le principe de plaisir au documentaire et à la fiction. Spontanément (bêtement), vous diriez que le principe de réalité correspond au documentaire et que le principe de plaisir concerne la fiction. Mais dans mon cas c'est plus compliqué. Je trouve souvent la fiction stéréotypée, limitée, étriquée. Bref, trop systématique. Ce qui voudrait dire qu'elle correspond à mon principe de réalité, car elle me fait prendre conscience des limites de l'existence. En revanche le documentaire est souvent — dans le meilleur des cas — un espace de liberté où ce qui se manifeste semble excéder les limites du cadre. Un paysage de vallée filmé à travers le pare-brise d'un camion peut donner l'impression d'un appel, d'une irrésistible attraction. Ce n'est qu'un exemple abstrait, mais cela peut correspondre au principe de plaisir (dans lequel on s'oublie). Mais rien n'est simple, car j'ai ressenti le même type de choses avec des fictions, comme par exemple Goodbye South Goodbye de Hou Hsiao Hsien, qui m'avait réellement transporté (sensoriellement parlant).
I have tried to apply the reality principle and the pleasure principle to the documentary and fiction. Spontaneously (stupidly), you would say that the reality principle is in the documentary and the pleasure principle lies in fiction. But in my case it is more complicated. I often find fiction stereotyped, limited, narrow. In short, too systematic. That would mean that it matches my reality principle, because it makes me aware of the limits of existence. In contrast, the documentary is often — in the best case — a space of freedom where what is shown most probably exceeds the limits of the frame. A valley landscape filmed through the windshield of a truck may give the impression of an appeal, of an irresistible attraction. This is an abstract example, but it can coincide with the pleasure principle (in which one forgets himself). But nothing is simple, because I felt the same type of thing with some fictions, such as Goodbye South Goodbye by Hou Hsiao Hsien, which uplifted me (in terms of sensations).

21.9.10

UN EXEMPLE DU PRINCIPE DE RÉALITÉ DONT JE PARLAIS

Voici ce qu'a reçu le producteur de mon film Crime. Pour que les membres de l'Académie du cinéma qui n'ont pas vu mon film (tous) puissent le faire, il faudrait que nous déboursions entre 7350 et 9000 euros, qui tomberaient dans l'escarcelle de ladite Académie, sans la moindre garantie de résultat. Autrement dit, ce n'est pas demain la veille que je ferai du cinéma Académique !
Here's what just received the producer of my film Crime. If we want the members of the Film Academy who have not seen my film (all of them) to do so, we would have to pay between 7350 and 9000 euros, which would fall into the wallet of the said Academy, without any guarantee of result. In other words, I am not yet ready to make an Academic film !

19.9.10

MON PRINCIPE DE RÉALITÉ

Si j'en crois Wikipédia (désolé, je n'ai pas tous les livres), le principe de réalité, selon Freud, "désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante.” Autrement dit, après avoir fantasmé à gogo, voire assouvi son plaisir, on revient à la dure réalité. On ne nous dit pas de quelle réalité il s'agit, ou au moins de quelle partie de la réalité. Plus loin on lit : "L'origine du principe de réalité se lit dans la déception." Message compris. Je trouve ça très judéo-chrétien. Je trouve certaines réalités décevantes, voire frustrantes, et d'autres jamais. D'abord je ne vois pas où est le plaisir dans l'hallucination ou le rêve. Je n'ai aucun plaisir à rêver. Le seul plaisir procuré par le sommeil est physiologique. D'autre part ce qui est insatisfaisant dans la réalité c'est ce qui est humain, dont on finit toujours par se lasser. Mais je ne vois pas comment ce qui est naturel pourrait être décevant. Comment un nuage ou une plume peut-il être décevant ? Peut-être ne faut-il pas prendre les choses au pied de la lettre, mais pour ma part, je suis toujours déçu et frustré par le spectacle de l'humanité et jamais par celui de la nature. Disons que l'humanité est mon principe de réalité et la nature mon principe de plaisir. Mais c'est réducteur car la plupart du temps la nature n'assouvit pas de désir donc ne procure pas de plaisir. Elle est là et ça suffit. Le véritable plaisir c'est l'ataraxie, soit l'absence de désir. Le désir est une corvée.
"Tristes tropiques" nous arrache à la pauvreté de nos rues et de nos immeubles" (G. Bataille)
If I believe Wikipedia (sorry, I do not have all the books), the reality principle, according to Freud, "is primarily an opportunity to get out of the hallucination, of the dream, in which triumphs the reality principle and the acknowledgement of the existence of an unsatisfactory reality". In other words, after having fantasized a lot, or even taken some pleasure, we return to the harsh reality. It does not tell us which reality, nor what part of this reality. Further it says : "The origin of the reality principle manifests itself in disappointment." Message understood. I find it very Judeo-Christian. For my part, certain realities are disappointing, even frustrating, and others never. Anyway I don't see the pleasure in hallucinating or dreaming. The only pleasure of sleeping is fulfilling a physiological need. What is unsatisfactory in reality is humanity, which always gets boring at one point. I do not see how what is natural would be disappointing. Can a cloud or a feather be disappointing? Maybe I should not take things literally, but for my part, I'm always disappointed and frustrated by the spectacle of humanity and not by that of nature. Maybe humanity is my reality principle and nature my pleasure principle. But it is reductive because most of the time nature doesn't respond to any desire and does not give pleasure. It is there and that's enough. The real pleasure is the ataraxia, or lack of desire. Desire is a chore.
"Tristes Tropiques" rescues us from the poverty of our streets and our homes "(G. Bataille)

J'AI TOUJOURS RAISON

Développement à suivre
To be continued