12.9.10

11.9.10

AU SECOURS, COPPOLA REVIENT !

La mauvaise vanne de la journée, c'est le Lion d'Or de Venise donné au Somewhere de Sofia-fille-à-papa-Coppola. Un faux-pas signé Quentin Tarantino, président du jury de la Mostra, dont Sofia est comme par hasard l'ancienne petite amie. Le dernier coup fourré de Quentin c'était à Cannes où il avait palmé Farenheit 9/11 (de Michael Moore), produit par les frères Weinstein qui venaient de produire Kill Bill. On est très loin de Tim Burton, auteur de la Palme la plus casse-cou de l'histoire du Festival de Cannes : Oncle Boonmee… de Weerasethakul.
Bad joke of the day : Sofia-poor-little-daddy's-girl-Coppola's Somewhere won the Golden Lion for best film at the Venice Film Festival. Mere coincidence : Quentin Tarantino, president of the Venice jury, is Sofia's former boyfriend. Reminds of QT's mediocre stint at Cannes, where he crowned Michael Moore's Fahrenheit 9/11 produced by the Weinstein brothers who produced his own Kill Bill. Very far from Tim Burton, responsible of the most daring Palme in the history of Cannes Film Festival: Weerasethakul's Uncle Boonmee.

C'EST DE LA BOMBE !

Lu dans une dépêche d'infos, l'annonce de la publication (où, quand, comment ?) d'un rapport, dont les auteurs, Peter Bergen et Bruce Hoffman, seraient d'anciens membres de la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. Dans ce rapport on pourrait lire entre autres ceci :"Au cours de la seule année écoulée, les Etats-Unis ont pu voir de riches Américains de banlieue ou la progéniture d'immigrés graviter vers le terrorisme". Qu'est-ce que ça signifie “de riches Américains de banlieue” ? T'imagines un riche Américain de banlieue, avec sa piscine, sa Porsche, sa carte Platinum, qui pose des bombes ? Bizarre.

Read in the news, the mention of a report (where, when, how ?) whose authors, Peter Bergen and Bruce Hoffman, were members of the Inquiry Commission on 9/11 attacks. In this report it is stated for instance that : "During the past year alone, the United States have seen rich suburban American or the offspring of immigrants gravitate toward terrorism." What does that mean? Can you imagine a wealthy American suburban guy, with his swimming pool, Porsche, and Platinum Card, planting bombs ? Weird.

9.9.10

LE CONFORMISME DES REBELLES

Un sujet me démange depuis un bon bout de temps, qui n’a l’air de rien, mais pourrait aller loin et me permettre de poursuivre à l'infini les ramifications de ce thème. C’est le conformisme des rebelles. Dans la société occidentale, en gros, il y a d’un côté ceux qui disent : le système est ce qu’il est, plus ou moins imparfait ou injuste, mais contentons nous de nous en mettre plein les poches car la vie est trop brève pour faire des manières. Ce sont les gens de droite. D’un autre, il y a ceux qui dénoncent telle ou telle chose avec plus ou moins de nuances, allant des cathos éclairés aux anars purs et durs prêts à tout casser. Ce sont les gens de gauche. Profiter du système ou tout changer pour un monde meilleur ? Les premiers, je les comprends facilement. Ce sont des gens bornés et matérialistes, pour lesquels la jouissance prime sur le reste. Ils ont un côté bestial qui est très clair, cohérent, presque inattaquable. Les seconds sont plus complexes et contradictoires. Ils disent vouloir changer le monde (“changer la vie”), aider les misérables, réduire les inégalités, etc. Mais ceux qui disent ou s’occupent de ça sont souvent des nantis qui n’ont pas fait vœu d’humilité dans leur vie privée. Ils veulent changer des choses, mais dans un cadre toujours restreint. Quand Marx ou des ouvriers de gauche s’indignent de l’injustice du capitalisme et prônent une société plus égalitaire, ils ne pensent jamais à remettre en cause le cadre dans lequel ils s’expriment. Ils veulent une industrie plus humaine, un monde altruiste sans trop de hiérarchie. Soit. Mais le problème ce sont justement les usines et les machines. Les usines elles-mêmes sont des entités impérialistes et capitalistes, qu’elles soient de gauche ou de droite. Les machines sont inhumaines par définition. La production et l’industrie ne sont pas des concepts égalitaires et ne le seront jamais. Ce sont des facteurs de destruction de l’environnement et de concentration du pouvoir mécanique. Qui dit pouvoir mécanique en Occident, dit pauvreté archaïque ailleurs. A chaque fois que quelque chose de fort et de puissant est réalisé quelque part dans le monde, cela en affaiblit une autre partie. C’est systématique. Donc, on ne peut pas remettre seulement en question l’organisation de la société et ses rapports de force, car ils sont fondés sur une violence originelle. Le péché originel c’est la domination des peuples monothéistes sur le monde et leur irrésistible expansion. Soit exactement l’inverse que ce que nous apprennent leurs religions depuis des millénaires.

Alors quand des membres de cette société crachent dans la soupe et disent “Tous pourris !”, ça me fait marrer. Ils devraient dire : “Tous pourris, comme moi !” Tout le monde est complice, jusqu’à preuve du contraire. Je pensais à ça en regardant le documentaire sur le dessinateur Siné (réalisé par sa fille). Siné, brave papy provocateur, toujours sur la brèche pour dézinguer les colonialistes, sionistes, fascistes, curés, etc., avait comme projet de mettre sur sa tombe une main sculptée en train de faire un doigt d’honneur. Autrement dit, “Vous êtes tous des nazes et je vous crache dessus !”. Très bien, mais cela il le fait dans un cadre urbain, bourgeois (le cimetière Montmartre), parmi des bourgeois. Son geste provocateur passe donc pour un pied de nez d’enfant mal élevé à des adultes collet monté. Où est la révolte ? Même ceux qui font des bombes, qui détruisent tout, par dépit, découragement, désespoir, à quoi servent-ils ? Ils détruisent, et après ? Le monde continue de tourner dans le même sens et on prend des mesures toujours plus sophistiquées contre les importuns. Je me suis toujours demandé dans quelle mesure les terroristes n’étaient pas payés par les gouvernements des pays où ils mettaient des bombes. Quand on fait régner la terreur, à qui profite le crime ? Aux terroristes ? Non, aux gouvernants. Cela leur permet de redoubler la répression, d’instaurer une surveillance policière et des mesures de sécurité plus drastiques. Le lendemain du jour où une bombe éclate dans un endroit, on peut mettre des chars et des militaires en mitraillette partout. Les gens seront rassurés. Ils applaudiront. Après, ils seront habitués. C’est comme les contrôles dans les aéroports. Il y en a de plus en plus et tout le monde les accepte sans moufter. Autrement dit, même les rebelles, provoquent, réclament ou acceptent leur asservissement. Etre ouvrier dans la dignité, ça n’existe pas. Construire c’est toujours détruire quelque part.

Something has been itching me for some time. It looks like nothing, but it could go far and allow me to explore the topic for a long time. It's the conformism of the rebels. In Western society, basically, there are, on one side, those who tell the system is what it is, more or less imperfect or unjust, but they content themselves to fill their pockets because life is too short to be peculiar. They are the right wing. On the other hand, there are those who denounce this or that with varying shades, ranging from enlightened Christians to hardcore anarchists ready to destroy all. They are the leftists. Enjoy the system or change for a better world ? I understand the right-wing people easily. They are narrow-minded materialists ; their immediate pleasure outweighs any other consideration. They have an animal side which is very obvious, coherent, frank. The left-wing people are more complex and contradictory. They say they want to change the world ('change the life "), helping the poor, reduce inequality, etc.. But those who say or care about the hardships of their human fellows are often wealthy people who don't live like monks. They sincerely want to change things, but within some narrow limits. When Marx or leftist workers resent the injustice of capitalism and advocate a more egalitarian society, they never think to question the context in which they speak. They want a more humane industry, an altruistic world without too much hierarchy. But the problem is precisely the plants and the machinery. The factories themselves are imperialist and capitalistic entities. The machines are by definition inhuman. The production and industry are not egalitarian concepts and never will be. There are factors of environmental destruction and concentration of mechanical power. The consequence of the mechanical power in the West, is the archaic poverty of the South. Whenever something strong and powerful is achieved somewhere in the world, it weakens the other part. So, one can't simply question the organization of society and its pressure, because they are based on an original violence. The original sin is the domination of monotheistic societies on the world and their irresistible expansion. Exactly the opposite of what they have been telling us for millennia.

So when members of this society spit in the soup and say "All rotten!" I laugh. They should say: "All rotten, just like me!" Everyone is an accomplice, until proven otherwise. I thought about this while watching the documentary on the cartoonist Sine (directed by his daughter). Sine, brave grandpa, always on the go to knock the colonialists, Zionists, fascists, priests, etc.., is planing to put on his grave a carved hand doing the finger. In other words, "You're all fucked up and I spit on you!". Very good, but it does this in an urban, bourgeois surrounding (Montmartre Cemetery). This provocative gesture is just like a naughty children's gesture addressed to some stiff adults. Where is the rebellion? What are those who make bombs to destroy everything, out of spite, discouragement, or despair? They destroy, and after that what ? The world goes on turning in the same direction and authorities take more sophisticated measures to prevent any interference. I've always wondered if the terrorists were not paid by the governments of countries where they put bombs. When terror reigns, who benefits of it ? The terrorists? No, the rulers. It allows them to intensify the repression, to establish a police state and increase security measures. The day after a bomb explodes somewhere, they can put tanks and soldiers everywhere. People will be reassured. They'll applaud. After they will be accustomed. It's like the controls in airports. They are multiplied and no one says nothing. In other words, even the rebels cause, demand, or accept their enslavement. When you build something somewhere, it causes a destruction somewhere else.

AU SECOURS, JESUS REVIENT !

Ecroulé (de rire) en voyant les tombereaux d'éloges sur Des hommes et des dieux. Je signale que je ne l'ai pas vu. Mais c'est le genre de film que je ne vais pas voir parce que je ne peux pas l'aimer. Déjà, avec des moines catholiques ça commence mal. Des moines catholiques en Algérie, encore pire. Pourquoi ? Parce qu'ils me font penser aux missionnaires. Qu'étaient les missionnaires en Afrique ? Les éclaireurs de la colonisation armée. Le sabre et le goupillon, la mano en la mano. Des moines catholiques au XXe siècle (ou XXIe), ce sont encore des vigies du colonialisme, des reliques de la présence occidentale. Ensuite, la religion catho, j'en ai soupé toute mon enfance (baptême, école primaire, confirmation, communion et tutti quanti). J'ai comme une allergie. La cerise sur le gâteau, c'est des acteurs comme Lambert Wilson ou Olivier Rabourdin, de purs cachetonneurs sans âme, dans des rôles de moines. Michael Lonsdale, à la rigueur, ça lui ressemble plus. Je pense qu'un film sur le monachisme peut être tenté, mais sûrement pas en partant d'un fait divers automatiquement tire-larmes, qui ne fait qu'entretenir le martyrologe habituel du catholicisme. On va en faire quoi de ces sacrifiés ? Des martyrs de la cause, des Bienheureux, voire des Saints. Beurk. J'ai un problème avec ces films consensuels. L'année dernière c'était Un prophète, que je n'ai pas vu non plus, pour le même genre de raisons.
Nearly died laughing when I saw the huge praise in the press about Des hommes et des dieux (by X. Beauvois). I have not seen the movie, but I won't because I could not like it. First, there are Catholic monks, which I cannot bear. Catholic monks in Algeria, even less. Why? Because they make me think of missionaries. What were missionaries in Africa? Their were the scouts of the colonization army. The army and the church, la mano en la mano. Catholic monks in the 20th century or the 21st, are remnants of colonialism, relics of the Western presence. Then, there is the Catholic religion which poisoned my childhood (baptism, elementary school, many ceremonies, masses and tutti quanti). I have grown an allergy. The icing on the cake are actors like Lambert Wilson and Olivier Rabourdin, pure mercenaries, playing monks like they could play anything. Michel Lonsdale, strictly speaking, is more in tune with the subject. I think a movie about monasticism can be attempted, but certainly not based on a mass murder event, that will earn the automatic sympathy of the audience, and transform the monks in poor martyrs. What are they going to do with those blessed victims ? They will be saints. Yuck. I have a problem with these consensual movies. Last year it was A prophet, which I have not seen either, for similar reasons.

A L'OMBRE DES J.F.E.F.

Des essais de film en couleur de 1922 par Kodak. Exquis = CLIC
(musique hors-sujet)
Kodak 1922 Kodachrome film test. Exquisite = CLICK
(irrelevant music)

7.9.10

LE REGARD DE LA MANNEQUIN

Au début j’ai trouvé ça un peu factice : un documentaire en DV sur une mannequin, Sara Ziff, tourné par son petit ami (Ole Schell). Finalement, une fois qu’on se rend compte que l’enjeu n’est pas ce qu’on attendait (le journal intime d’une top model), qu'il s'agit d'un travail traditionnel et polémique sur le monde du mannequinat et ses effets pervers, on se contente du fait que ce film, Picture me, dise des choses qui semblent vraies (sur l’exploitation dont sont victimes ces pauvres filles devenues assez riches mais pour pas longtemps). J’aurais aimé que ça aille encore plus loin…
At first I thought it was a bit fake. A DV documentary on a model, Sara Ziff, shot by her boyfriend (Ole Schell). Finally, once we understand that the issue is not what we expected (the diary of a model), but a more traditional and controversial insight on the modeling world and its effects, we feel that this film, Picture me, tells things that seem true (on the over-exploitation of these poor girls who become quite rich but not for long). I would have liked it to go even further ...